BORDJ EL GHOULA  ( suite )

 

« Tenes, une ville entourée de remparts, à deux mille de la mer. A l’intérieur de la place existe une colline escarpée dont le sommet est couronné par un petit château. Cet édifice est dans une position si forte que les agents du gouvernement (mourabitounes) se le sont appropriés comme résidence.

Ensuite, il dit : " Ténès renferme une mosquée (Djamée) et plusieurs bazars. La rivière appelée en ce moment « Tenatin » qui entoure la ville du coté  Nord et de l’Est, vient des montagnes situées à une journée de distance vers le sud et se décharge dans la mer. On trouve à Ténès quelques bains ; cette ville s’appelle Ténès la neuve. Les habitants montrent sur le bord de la mer un plateau ou se trouve un château qu’ils disent être l’ancienne Ténès (au milieu des ruines de Carthenae) et qui selon eux fut habitée avant la construction de la ville actuelle. Celle-ci fut bâtie  vers l’an 262 de l’Hégire (875 – 876 de l’ère chrétienne) par les marins de l’Andalousie au nombre desquels se trouvaient Elkerkeni, Abou Aicha, El Saccar et Soheib. El fut peuplée par deux colonies andalousiennes dont l’une venue d’El Bira (Elvira) et l’autre de Tadmir (Murcie).

 

 Les seigneurs de Ténès sont d’origine noble (Chorfa), leur ancêtre Brahim ayant eu pour père Mohamed, fils de Soleiman, fils de Abdallah, fils de Hassan fils de Ali (gendre du Prophète salla Allah aleihi oua sallam). Les marins dont nous venons de parler avaient l’habitude en quittant l’Espagne(en ce temps-là elle était sous le khalifat Omeyade de la famille Abderrahmane) pour aller passer l’hiver dans le port de Ténès. 

A titre de renseignement : " Les annales de la ville de Fez font état d’une grande disette et une longue sécheresse qui désolèrent les pays de l’Andalousie et de l’Adoua de 253 à 265 de l’Hégire (867 - 878 JC).

En 260 (873) la disette générale dans tout le Maghreb, en Andalousie, en Afrique, en Egypte et dans le Hedjaz."

Dans l’Andalousie et le Maghreb il y eu en plus une forte peste qui fit ainsi que la famine un très grand nombre de victimes "

Les Berbères des environs étant venus se joindre à eux, ils les invitèrent  à s’établir dans le château et à y tenir un marché, leur promettant de les soutenir de les favoriser et d’observer à leur égard les obligations de l’amitié et du bon voisinage.

Les Andalous acceptèrent la proposition et dressèrent leurs tentes  dans l’enceinte de la forteresse (château Kalaa).

 Bientôt, ils virent arriver chez eux beaucoup de monde et, dans le nombre tous leurs anciens amis de l’Andalousie.

A l’entrée du printemps, ils tombèrent tous malades et les andalous, jugeant la localité malsaine, remontèrent dans leurs navires sous le prétexte d’aller chercher des vivres pour le reste de la population.

Les habitants qui restèrent à Ténès virent leur nombre augmenter, leurs richesses s’accroitre et quelques temps après, ils accueillirent chez eux quatre cents familles de Souk Ibrahim (des environs de Chleff) habituées à vivre sous la tente, ils partagèrent avec elles leurs logements et leurs biens.

Tous s’entraidèrent alors dans les travaux de construction. Ils élevèrent à Ténès le château (son extension sans doute) que l’on y remarque encore et les remparts sur le pourtour de la cité.

Il ajoute, portant à notre connaissance l’existence de deux portes de la ville s’ouvrant sur la mer (Bab El Bahar) actuel et l’autre composée de Bab Ibn Nasseh et de Bab El Khoukha « la porte au guichet » (service de la réception des droits d’entrée et des impôts) qui sont orientées vers l’Est ou bien vers l’Orient (Bab El Kebla).

Quand on sort par la porte au guichet, on trouve Ain Abd Essalam, source abondante qui fournit de l’eau douce (il se pourrait que se soit l’emplacement de Ain Skhouna, située de l’autre coté de la rivière et qui n’était pas encore édifiée).

En outre, El Bekri ajoute des détails concernant diverses mesures utilisées en ce temps-là « pour la capacité on utilise Sahfa qui contient quarante huit cadous, le cadous étant l’équivalent  de trois « madl » de la dimension autorisée par le Prophète (SAAS). Le « ratle » ou « livre » de viande représente soixante sept « Aoukia » et le « ratle »utilisé pour toutes les autres denrées équivalait à vingt deux Aoukia.

Leur « Kirat » (carat) pèse un tiers de « Dirham adl » « Drachme » légale poids de Cordoue.

 

 

 

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