BORDJ EL GHOULA (suite)

 

 

A l’époque de la seconde guerre punique, les Romains, maîtres de l’Italie ; dont le but était de chasser les Carthaginois et mettre un terme à leur suprématie en Mer Méditerranée, maîtres des îles (Sardaigne, Sicile et d’autres territoires) y compris une bonne partie de l’Italie du Sud.

Pendant ce temps-là, en Afrique du Nord, en plus de Carthage fondée depuis  plusieurs siècles, en Tunisie, par les Phéniciens enfuis du Moyen Orient, le pays était dominé par deux puissants royaumes numides. Le premier « Massinissa » qui régnait à Cirta (Constantine) ami des Romains, le second « Syphax » allié des carthaginois, dont la capitale était « Siga » (Rachgoun dans la province d’Oran) allié des habitants de Ténès et le Dahra.

Syphax succomba avec Carthage, Massinissa recueillit son héritage avec l’accord de Rome.

Après la troisième guerre punique qui amena la destruction de Carthage, les armées romaines victorieuses, s’installèrent sur le sol d’Afrique (Tunisie).

 

Le Dahra et sa capitale Ténès furent abandonnés au roi « Bocchus » qui avait aidé les Romains à écraser « Jugurtha » roi numide. « Juba » successeur de Jugurtha fut battu et périt dans une guerre civile contre les Romains.

Ceux-ci, après la victoire, licencièrent ces armées immenses ; les soldats bénéficièrent des terres prises aux habitants vaincus.

 

« Pline », écrivain et historien romain nous apprend que la ville de « Carthennae » reçoit ainsi un détachement de soldats colons tirés  de la deuxième légion romaine. C’est de ce moment, environ trente (30) ans avant l’ère chrétienne, que date son annexion comme ville et colonie romaine.

 

Les Maures (Berbères) habitant les monts du Dahra ne se tinrent pas pour vaincus, et à plusieurs reprises, durant la présence romaine, ils s’attaquèrent à la ville de Carthennae et à ses installations périphériques.

 

Ces incursions belliqueuses des habitants du Dahra furent attestées par les inscriptions sur le plus important monument, aux pieds d’une statue de bronze, en hommage au sauveur de la ville de Carthennae, qui a du courir un bien grand danger.

Ténès (Carthennae) dut par la suite, durant la présence romaine, repousser bien d’autres attaques et faire face à bien des révoltes jusqu’à la décadence de l’Empire Romain. L’isolement  de Carthennae assura le triomphe des Maures la ruine de la colonie et sa reprise par les Maures. C’est vers l’époque (373) de l’ère chrétienne que le général romain « Théodose » fut envoyé en renfort de Rome pour reconquérir les territoires repris par les Maures et qu’il fut battu en traversant le Dahra.

Après son passage à Carthennae, il connut les plus mauvais moments de sa carrière militaire ; et de ce fait, d’après les citations de Pline, une des premières colonies arrachées par les Maures à la domination romaine

 

Après, arrive l’invasion de l’Afrique du Nord par les Vandales, avec à leur tête « Genséric » qui mit fin à la domination romaine. La présence vandale dura environ un siècle, et ils furent à leur tour dépossédés par les Byzantins, de l’empire romain du Moyen Orient, qui se fixèrent surtout en Tunisie.

 Entre le passage des Vandales et la conquête des Arabes, il y eu pour Ténès  et le Dahra une époque de glorieuse indépendance (de 429 à 647 après JC).

C’est à cette période d’indépendance et d’illustration que l’archéologue et historien de la colonisation française « BERBRUGGER » fait remonter la tradition de la fondation du « Vieux-Ténès ».

A cette époque, nous dit-il, la fille du Roi de Carthenae se plaignit à son père de la violence des vents dominants du Nord-Est qui balayaient le plateau exposé de la ville ou vivait le Roi berbère. Les violentes rafales de vent créèrent des ophtalmies et les yeux devenaient rouges et bouffis créant un désagrément à leur santé.

Son père lui permit de se bâtir une maison à l’abri des vents, sur le rocher du Vieux Ténès. Sa famille et ses courtisans vinrent bâtir autour de la princesse.

Puis, à la suite d’un vent furieux du Nord-Est, un épouvantable tremblement de terre mis Carthenae à terre, ce qui décida les survivants à imiter les autres et à se retirer au Vieux-Ténès qui fut épargné de la catastrophe.

A cette occasion, il faut s’interroger si le château de taille moyenne signalé à maintes reprises, par les voyageurs au sommet de la colline, n’était pas déjà édifié par les premiers habitants.

D’autre part, il faut tenir compte que le Vieux-Ténès a servi de voie de passage à tous les habitants qui séjournèrent dans les environs, pour accéder après la traversée de l’oued et se rendre par le défilé naturel vers les terres au-delà des montagnes.

Cette route, voie unique, a été utilisée pour les échanges entre les habitants des lieux et les peuples (Phéniciens, Grecs, Carthaginois, et Romains) qui accostèrent ou séjournèrent sur les rivages de Ténès. Certains y firent des affaires commerciales, des échanges fructueux et bénéfiques pour tous. En plus des produits agricoles (céréales, légumes secs, miel et dérivés, cuirs etc.) avec même l’exportation vers des contrées lointaines, des animaux sauvages pour l’agrément et les jeux de cirque, sans oublier le trafic le plus lucratif que fut l’exploitation des filons de métaux (cuivre, plomb, galène, ainsi que l’or et l’argent) en quantités importantes dans l’arrière pays et les flancs de montagnes des environs.

Les Romains qui se fixèrent à Carthenae pour la pénétration et la conquête de l’arrière pays eurent recours au même passage et allèrent jusqu’à édifier un pont pour la traversée de la rivière.

Même les Arabes qui s’établirent au Vieux Ténès empruntèrent le même itinéraire en y restaurant le pont en partie effondré et édifièrent les bains de Ain Skhouna.

Selon l’historien « Slane » , au moment ou « Youcef Ibn Tachfine » s’était rendu maitre au 11ème siècle d’une grande partie du Maghreb central y compris Tlemcen, Oran, Mostaganem, Ténès et  jusqu’à Alger, EL BEKRI , historien et voyageur arabe andalou s’est rendu à Ténès vers les années 1069 à 1082.

El Bekri étant né probablement vers l’an 1022 de l’ère chrétienne  et mort en 487 de l’Hégire en Andalousie rapporte de son passage à Tenes les faits suivants :

 

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