NOUS AUTRES LES DERAMCHI
 
D'ou venons-nous?
 
Il semblerait que notre ancetre, le premier qui a mis les pieds pour la premiere fois sur cette terre d'Algerie, faisait partie des contingents turcs qui etaient venus liberer l'Algerie de l'occupation espagnole vers l'an 1515.
 
Il a choisi de s'installer a Tenes pour les raisons les plus vraisemblables que, lorsque les troupes turques chasserent les espagnols de Tenes en 1516, notre ancetre, certainement pris d'un coup de coeur pour ce coin paradisiaque, s'installa sur la place conquise y vecu et y fit beaucoup beaucoup d'enfants.
 
Et c'est comme cela que notre histoire a commence !
 
Le premier Deramchi s'appelait El Hadj Mostefa, c'etait un homme tres pieux qui par la suite devint Sid El Hadj Mostefa, homme venere par ses semblables et leurs descendants.
 
Ethymologiquement, Deramchi (Dramchi) vient du turc derham ( argent ), et tchi ( ci) le possesseur, le gerant etc... Deramchi peut donc vraisemblablement designer celui qui est en rapport avec l'argent ( monnaie ), il peut etre banquier, tresorier militaire...
 
La deuxieme variante de l'origine de Deramchi ou Dramchi serait lie a une ville de Turquie qui serait appelee DRAMA, et Dramchi serait vraisemblablement "l'originaire de Drama".
 
La famille des Deramchi de par son nombre eleve a Tenes se trouva , lors de l'etablissement de l'etat civil en 1891 par l'administration francaise, repartie en plusieurs branches ou lignes genealogiques. On trouvera les DERAMCHI, DERAMCHIA, DARMECH(E), DERMICHI, qui sont tous de la meme famille.
 
En arabe ils sont designes par DRAMCHIA,( pluriel de DRAMCHI )ou bien encore les BEN DARMECH(E).
 
Les DERAMCHI etaient connus a Tenes, a travers les siecles, comme ayant la caracteristique d'etre en majorite des blonds aux yeux bleus. Cette particularite morphologique leur a amene beaucoup de sarcasmes et de piques, somme toute empreints de gentillesse, de la part de leurs concitoyens qui ne se genaient pas de les comparer aux Ethiopiens.
 
Pourquoi specialement les Ethiopiens et non pas d'autres habitants d'Afrique?
 
Une version existe pour expliquer cette comparaison: il semblerait que l'ancetre des Deramchi se serait trouve en Ethiopie dans le cadre de l'expansion de l'Islam opere par l'Etat Ottman et de la viendrait vraisemblablement cette formule.
 

 

 

 

CONTRIBUTION DE Mr  SEFTA Abdelkader

Tenes année 2007

(Vieux Tenes)

 

 

 

HISTOIRE DES DERAMCHI

 

   

CONTRIBUTION DE Mr  SEFTA Abdelkader

Tenes année 2007

(Vieux Tenes)

 

Avec l’aide de Deramchi

Zine El Abidine  El Hadj  Mustapha

pour la frappe et la mise en ligne du texte

 

 HISTOIRE DES DERAMCHI

 

Transmise de génération en génération, cette histoire ma été racontée par ma mère

DERAMCHIA Arbia, épouse SEFTA Mérouane, décédée en Janvier 1964 et âgée alors de 84 ans.

 

Lors de la reconquête de l’Espagne, après une lutte de huit siècles contre les Musulmans, les Etats chrétiens unirent leurs forces et parvinrent à expulser les Arabes hors d’Espagne dans les années 1499 – 1500 après la chute du royaume de Grenade.

A cette occasion un grand nombre de Musulmans s’étaient réfugiés en Afrique (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, et jusqu’en Egypte et le Moyen Orient).Parmi eux certains ont trouvé refuge au Vieux Tenes avec qui ils avaient au long de leur histoire espagnole établi des contacts fréquents et assidus.

 Comme dans tous les ports ou ils avaient trouvé refuge, les Musulmans andalous, ceux du Vieux Tenes, poussés par un besoin irrésistible de vengeance, et avec l’aide des habitants se dotèrent d’une petite flotte et attaquèrent les cotes espagnoles sans relâche.

FERDINAND, le roi chrétien d’Espagne, outré dans son amour propre de voir les Musulmans reprendre des forces et surtout la crainte d’une nouvelle invasion en Andalousie, iI fit appel à l’aide des états chrétiens de la péninsule ibérique et résolut de s’en prendre aux agresseurs en les poursuivant jusqu’aux ports qui leur servaient d’abris.

A cette époque, en Afrique du nord, les trois dynasties Arabes les Beni Merine, les Beni Ziane et les Beni Hafez voyaient simultanément décroître leur puissance devant les attaques des peuples chrétiens d’Europe d’une part, et d’autre part les dissensions intestines dans les familles de chacune de ces dynasties avaient contribué à précipiter leur ruine.

Cet état d’esprit chez les Musulmans donna de l’ardeur aux Espagnols qui immédiatement entreprirent l’occupation du port de Mers el kébir, port excellent que défendait une assez puissante artillerie (Août 1504) et malgré le traité de paix conclu entre l’Espagne et le Chérif d’Oran, l’Eglise vindicative, ouvrit ses coffres forts encourageant une nouvelle expédition contre la ville d’Oran ou la trahison d’un Juif leur livra la porte principale de la ville, ou les Espagnols s’emparaient d’Oran après un combat insignifiant. De là, la conquête, des villes et ports de la cote algérienne, se poursuivit par les Espagnols y compris Alger qui formait un état indépendant d’où partaient les corsaires algériens ravager les cotes d’Espagne et d’Italie.

Les habitants musulmans algériens et tunisiens demandèrent l’aide des Ottomans pour se défendre et se débarrasser de l’invasion espagnole qui commença à devenir dangereuse pour la survie de ces états.

La Turquie en cette période abritait le siège du Khalife de la communauté mondiale des Musulmans.

Le Sultan SELIM 1er était à la tête d’un état très puissant qu’en plus de la Turquie se composait déjà de la Syrie de la Palestine et de l’Egypte. Il poussait son armée redoutable à l’invasion des pays balkaniques et de l’Europe orientale. Sa flotte de guerre puissamment armée composée de marins habiles et expérimentés affrontait les états européens. Parfois, soit il passait des accords d’entraide avec certaines puissances à l’exemple des rois de France. Certaines expéditions de sa marine soit pour des échanges pacifiques ou d’ordre belliqueux s’aventurèrent sur toutes les mers : l’Océan Atlantique, la Mer du Nord, la Baltique, l’Adriatique . et tous les pays riverains de ces mers y compris les pays de Scandinavie, la Russie, la Finlande, les Pays Bas, la Grande Bretagne, l’Irlande, la Norvège, l’Islande, le Portugal, ainsi que ceux de la Méditerranée y compris l’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce.

Cet appel au secours des pays Musulmans du Maaghreb favorablement accueilli arrivait à un moment crucial pour l’Empire Ottoman qui cherchait déjà un point d’appui pour neutraliser, les états chrétiens du nord de la Méditerranée occidentale.

Immédiatement des émissaires furent transportés et débarquent tout le long des cotes tunisiennes et algériennes pour entrer en contact avec les habitants et transmettre aux forces ottomanes les renseignements sur les positions espagnoles.

Parmi ceux-ci précédant l’arrivée des armées turques de quelques années, vers le début du 16 ème siècle, SIDI EL HADJ MOSTEFA est arrivé au Vieux Tenes. En ce temps la ville était sous le règne du Sultan de la famille des Béni Ziane qui n’avait pu se maintenir au pouvoir qu’avec l’aide de l’armée espagnole dépêchée d’Oran contre les agressions des tribus arabes « MEHAL ».

Sidi El Hadj Mostéfa d’origine turque, homme de grande piété a été débarqué près du port du Vieux Tenes d’un navire vaisseau « Ch’kaf » du port à la ville distante d’environ trois kilomètres, ses effets sur les épaules, il pénétra par la porte du Nord « Bab el Bahr ».

Il fut conduit aux conseils par les hommes de garde ou il a été accueilli honorablement étant de religion musulmane. D’autre part son pays d’origine à cette période était en bons termes avec le Sultan Béni Ziane de Tlemcen, protecteur du Sultan du Vieux Tenes.

Les préposés de la garnison espagnole demeurés dans la vielle ville  « Cartenna » ne formulèrent aucune objection à ce qu’il soit accueilli au Vieux Tenes.Une fois pris sous la protection des conseils du Sultan, on installa cet étranger dans une chambre indépendante accolée à une maison inhabitée.La chambre quoique meublée sommairement était propre et de bonne tenue réjouit l’étranger fatigué de son long voyage.

Après la prière du Maghreb à la salle de Lalla Aziza en compagnie des habitants du quartier, il fut ramené dans sa chambre ou il trouva un repas consistant en son honneur.Après la prière d’El - ICha au même lieu de prière, il fut reconduit vers sa chambre.

Les hotes s’assurèrent qu’il ne manquait de rien et s’il désirait changer de local et occuper une des pièces de la maison attenante. Celui-ci poliment rejeta leur offre en les assurant être satisfait du lieu et demanda de l’eau pour les ablutions de la prière du matin et les prières à accomplir en supplément durant une partie de la nuit. On lui apporta de la literie et l’eau sauf que cette fois-ci on insista encore pour lui faire changer de chambre.

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