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HISTOIRE DES DERAMCHI (suite)
Une fois l’entretien terminé avec satisfaction, les hommes de science et les gardes se retirèrent laissant le notable seul avec Sidi El Hadj Mostéfa , le sujet de la discussion devint plus précis, Il s’avéra que certains responsables de la cité étaient secrètement en désaccord sur la conduite du sultan, concernant sa politique défaitiste, En effet étant de la famille Béni Ziane à la tête du trône de Tlemcen à la solde des Espagnols, lui aussi en tant que suzerain suivait aveuglément leur ligne de conduite, en négociant avec les Espagnols, passant différents accords au désavantage de la population de la région et participant avec son armée à plusieurs expéditions pour l’occupation des places fortes de la cote Algérienne.
Comme les habitants de toute les villes et places stratégiques algériennes occupées par les espagnols ils prirent l’initiative de faire appel à l’aide des « OTTOMANS »
Il fut entendu de ne pas ébruiter ces confidences, afin de donner à Sidi El Hadj Mostéfa le moyen d’étudier la situation, rassembler le plus de renseignements sur les moyens de défense des espagnols ainsi que les forces armées dont disposait le sultan.
Après quelques jours, les religieux proposèrent à Sidi El Hadj Mostéfa afin de créer une diversion et garder l’anonymat de leur hôte, une occupation à la mosquée en dispensant des cours de théologie sur le « Ettaouhide » ou l’unicité d’Allah.
Ils lui suggèrent en même temps de prendre femme et se marier conformément à la « Sunna » de Dieu et de son prophète Sidna Mohamed suivant le rite « Malékite »
Il accepta de prendre femme avec cependant quelques réserves qui dit-il étaient compatibles avec la pratique des préceptes de la tradition « Tarika » du soufisme auquel il était lié. Et dans la tradition de cette secte, il devait se libérer la veille de tous les lundi soir, de toutes attaches et préoccupations terrestres et se consacrer totalement et uniquement à Dieu .
Ce soir là dit-il, son épouse, ses enfants et tout le personnel devaient impérativement quitter les lieux, toute la nuit jusqu ‘a l’aube et se rendre dans le domicile de ses parents.
Lorsqu’ils constatèrent la simplicité de la condition, ils acceptèrent et il fut marié à la fille de l’Imam de la mosquée qui fut satisfait étant lui-même disciple du soufisme et dit se sentir responsable du respect scrupuleux de cette règle.
A partir de cet instant, il s’intégra à la population avec beaucoup d’honneur, qui lui prouva son attachement, il fut pris totalement en charge, débarrassé de tous les soucis matériels.
Cette situation fut adoptée au sein de sa famille, dans le respect le plus strict, jusqu’au jour ou son épouse enceinte de son quatrième enfant à la veille du lundi soir, se sentant fatiguée envoya ses trois enfants avec les servantes chez ses parents.
Ne pouvant les rejoindre, elle prit le parti de rester au logis en maugréant, s’installa dans son lit derrière la « Kettaiya » rideau séparant le lit du reste de la chambre, tout en priant Dieu de lui donner le courage et la soulager des douleurs de l’accouchement qui se manifestèrent en ce moment.
Sidi El Hadj Mostéfa, occupé à l’extérieur ne s’aperçut pas de la rupture, par sa femme des conditions exigées lors de leur union, et vers minuit, l’épouse
blottie sous les couvertures avec un bâillon dans la bouche, entendit son mari et un groupe d’hommes pénétrer dans la chambre.
Les nouveaux venus et son mari conversaient entre eux dans un idiome incompréhensible, tout ce qu’elle a retenu ce fut « Dhabet MAMI » et « Rais Arroudj» prononcés à plusieurs reprises et des rires de tous les hommes du groupe.
Elle s’était dite que sa dernière heure était arrivée, pensant avoir affaire a un groupe de « Djinn » venus l’exécuter pour sa désobéissance après avoir failli à sa promesse.
Ensuite cette fois-ci, une voix autoritaire semblant être celle de leur chef, s’adressant à son mari mais en langue arabe sur un ton réprobateur, l’accusant de trahison du secret. Son mari outré de l’accusation portée à son encontre répondit n’avoir pas connaissance du complot qui a été ourdi contre sa personne.
Prenant Dieu à témoin de son innocence à son tour s’exclama « Puisse le Dieu tout puissant châtier le contrevenant ». La femme ne pouvant se retenir enjamba le lit s’affala au sol en se tordant de douleurs.
Le groupe de visiteurs mystérieux s’etant éclipsé, Sidi El Hadj Mostéfa s’en est allé chercher du secours et une sage femme appelée fut introduite dans la pièce de toute urgence.
Au lever du jour Sidi El Hadj Mostéfa a été appelé et fut autorisé à réintégrer son domicile où il apprit être père d’un garçon pour la quatrième fois.
Il alla appeler les parents de sa femme, à qui il demanda des excuses de sa conduite envers eux et son épouse et décida de donner un nom au nouveau né, comme il a fait pour ces trois frères, ses aînés.
Ainsi, le premier avait pour nom « Deramchi » le second lui a été nommé « Deramchia » le troisième portait le nom de « Dermech », quant au quatrième, l’essentiel étant de s’en être sorti ainsi que sa maman en bonne santé de l’aventure et, lui aussi rejoignit ses frères en portant le nom de « Dermichi » en hommage à leur aïeul resté en Turquie dans la région d’ou est issu ce nom patronymique.
Par la suite, on sut que la visite mystérieuse apporta une des bonnes nouvelles sur les initiatives de « BABA ARROUDJ ».
Le sultan de Ténés, appartenant à la famille des Béni Ziane de Tlemcen, allié des espagnols fut requis de conduire une grande armée de plus de trois mille hommes et porter secours à la ville d’Alger qui venait d’être libérée de la domination espagnole.
« BABA ARROUDJ » apprenant les faits marcha contre le sultan de Ténés, sur le bord du chelif aux environs de « Khemis Miliana » quoique très inférieure en nombre, l’infanterie turque qui se servait d’arquebuses mit en déroute les troupes de Ténés, il poursuivi sa route à l’aide de la flotte qui venait de libérer « Cherchell » des espagnols, il s’empara de la ville du Vieux Ténés en faisant fuir les espagnols.
Pendant qu’il était à Ténés « ARROUDJ » rétablit l’ordre en nommant un «BEY» à la place du sultan Zianide enfui au Sahara après sa défaite.
Avant de repartir du Vieux Ténés « ARROUDJ » reçu une députation des habitants de Tlemcen qui réclamèrent son secours contre BOUHAMMOU leur sultan.
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